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La transformation de nos communautés urbaines
par le shalom divin : une vocation de l’Église Africaine ?

Martine AUDEOUD, Ph.D.

Leçon de clôture académique donnée à la Faculté de Théologie Evangélique de l’Alliance Chrétienne – Abidjan, Côte d’Ivoire

Juillet 2009

Définir une base biblique et théologique pour développer la mission dans un contexte urbain africain de plus en plus islamisé exige une compréhension renouvelée de la place et du rôle uniques du Christianisme. Nous, les disciples de Christ, sommes appelés à déclarer Sa gloire en apportant le shalom divin ou Sa paix en relations avec les besoins humains dans les communautés où nous vivons[1]. Heureusement, la foi chrétienne n’est pas une foi parmi d’autres. C’est le seul chemin par lequel l’être humain peut expérimenter la rédemption et la paix avec un Dieu transcendant, et pourtant aimant, indépendamment des efforts humains. Rappelons que Dieu désire apporter Son shalom pour la rédemption de tout l’univers par la mort et la résurrection de Son Fils. Le dessein de Dieu d’apporter le shalom et la réconciliation au monde n’est pas limité aux êtres humain, même pas à la terre, mais à tout l’univers créé[2]. Ainsi, Paul supplie les chrétiens de Corinthe, une grande ville païenne, de devenir les ambassadeurs de Dieu pour ce message de réconciliation[3]. Le shalom de Dieu doit être au centre de notre réflexion et de notre action missiologiques.

Adam et Ève se sont rebellés contre Dieu, mettant en cause Son autorité et Sa souveraineté, lorsqu’ils ont péché contre Lui, comme le décrit Genèse 3. En conséquence, l’histoire de l’humanité est une histoire de rébellion contre Dieu. Cornelius Plantinga écrit (et je traduis) : « Dieu hait le péché contre lui-même, contre son prochain, contre une bonne création, parce que le péché brise la paix… Dieu est pour le shalom, et en conséquence contre le péché »[4]. Satan a pris un contrôle – limité – sur l’histoire dans le but que toutes les créatures se soumettent totalement à lui. Mais Dieu n’a pas abandonné sa création. Par différentes révélations (y compris celles des Écritures et de l’incarnation de Christ), Dieu cherche à ramener l’humanité sous son autorité, sa puissance, sa domination et sa souveraineté absolues. Ainsi les Écritures présentent l’histoire de la préparation et de l’accomplissement de la révélation de Christ qui rendrait à tous les êtres humains la possibilité d’être restaurés de la rébellion pour se soumettre complètement à Dieu et à Son autorité.

Nos efforts missiologiques devraient avoir un but similaire. Alors que des communautés urbaines sont amenées sous l’autorité de Christ, leur rédemption déclarera la gloire de Dieu. Généralement, on ne fait pas référence aux villes comme étant des lieux de shalom. Le christianisme semble souvent préférer des images rurales et agraires. Mais, en tant que chrétiens, nous avançons vers une cité qui offre aussi un jardin en Apocalypse 21:2. La cité céleste est traversée par le fleuve de vie et les feuilles de ses arbres guérissent les nations. Ainsi, en Apocalypse, les images agraires et urbaines du royaume divin s’intègrent parfaitement.

Dans cette leçon, nous allons donc développer quelques thèmes bibliques importants qui sont afférents à l’histoire biblique principale. Nous étudierons quelques textes fondamentaux pour la missiologie urbaine.

Étude de cinq textes fondamentaux en missiologie urbaine

Nous allons à présent faire une étude de cinq passages bibliques qui, comme les cinq doigts d’une main, représentent cinq bases bibliques sur lesquelles le missiologue en milieu urbain peut construire son œuvre (voir figure 1 ci-dessous). Nous tirerons les applications pratiques à l’église urbaine africaine au fur et à mesure de notre étude.

Figure 1 : Représentation imagée de cinq textes fondamentaux en missiologie urbaine

Matthieu 5:14-16 – La définition d’un disciple de Christ

Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ; et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. (Matthieu 5:14-16)

On pourrait paraphraser ces versets ainsi : Vous êtes la luminosité de l’univers. Une ville fortifiée sur le somment d’une montagne est visible par tout le monde. De la même manière, on n’allume pas une lampe à huile pour la mettre sous une calebasse, mais pour la placer au vu et su de tous sur un pied de lampe afin qu’elle donne une lumière suffisante aux habitants de la maison. De manière analogue, que votre lumière rayonne ainsi devant tous, de sorte que tous ceux qui entrent en contact avec vous puissent rendre témoignage de votre belle œuvre et rendent tout honneur à votre Père éternel.

Ce passage se situe après les béatitudes dans ce qui est communément appelé le Sermon sur la montagne, dans lequel Christ définit les valeurs et l’éthique du royaume céleste. Ces valeurs et cette éthique sont opposées à celles du monde et ne seront généralement pas reconnues par ceux qui, dans le monde, cherchent à se glorifier eux-mêmes. Les disciples de Christ, contrairement à ceux qui sont dans le monde, trouvent leur identité en Lui, Le laissant manifester Sa présence dans leur vie. La différence entre l’absorption de la lumière et la réflexion de la lumière clarifie ceci. L’absorption attire toute l’attention sur soi. La réflexion attire l’attention sur celui qui émet la lumière, c’est-à-dire Christ.

Ces versets sont situés au milieu de plusieurs comparaisons que le Seigneur Jésus fait pour expliquer et qualifier l’influence de ses disciples dans ce monde. Le disciple de Christ qui glorifie Dieu dans sa vie est d’abord comparé au sel dans les versets précédant ceux qui ont été cités. Cette comparaison souligne l’absence de corruption, c’est-à-dire la sainteté dans une vie. Le disciple est ensuite comparé à la lumière qui, dans les Écritures, symbolise la présence divine inéluctable. Dieu est lumière (1 Jean 1:5) et Christ est la lumière du monde (Jean 8:12). Tout l’univers est influencé par la lumière (Ésaïe 60:1-5). Christ montre ainsi que ceux qui appartiennent à Son royaume manifestent la présence véritable de Dieu dans l’univers tout entier. De façon similaire, Christ est venu pour ôter le péché du monde (Jean 1:29). Ainsi, le disciple de Christ n’a pas le choix, sinon que d’assumer sa nouvelle identité : le chrétien est la manifestation de la présence de Dieu lui-même dans toute la création (Jean 8:12).

Ensuite, Christ utilise deux objets pratiques pour aider son auditoire à saisir l’ampleur de la transformation qui se produit dans l’identité d’un croyant : une ville et une lampe – deux symboles que nous retrouvons tout au long des Écritures.

Étudions d’abord le premier symbole : celui de la ville située sur une montagne. Une ville est une communauté de personnes vivant proches les unes des autres avec différentes caractéristiques communes structurant leur vie. Christ parle ici à ses disciples qui ont vécu avec lui en communauté et qui Le représenteront sur la terre après Son départ. Aujourd’hui, l’église compose cette ville, cette communauté de personnes qui interagissent les unes avec les autres, et avec le monde extérieur pour manifester la gloire de Christ dans ce monde. Le fait que Christ fasse allusion à une ville fortifiée et située sur le sommet d’une montagne fait référence à l’ancienne habitude de construire les villes dans des endroits stratégiques pour pouvoir se défendre en cas d’attaque ou bien pour pouvoir développer plus facilement le commerce grâce à des caractéristiques géographiques naturelles adéquates. Pour que l’église chrétienne urbaine africaine résiste aux attaques de l’ennemi, elle doit être vigilante et s’assurer que la présence de Christ soit manifestée à travers elle[5]. Cette image se rattache ainsi à celle du leadership. L’église dans nos communautés urbaines africaines devrait être capable d’influencer les décisions des puissances économiques et politiques afin que Dieu soit glorifié dans ce monde. Le fait-elle ? Dans le contexte politico-économique ivoirien où nous nous trouvons – et dans le contexte nigérien dont je viens – la grande question est celle-ci : dans quelle mesure nos églises sont-elles des agents d’influence et de transformation qui vont réorienter l’histoire politique et économique de nos pays ?

Venons-en au deuxième symbole : la lampe placée sur un pied de lampe. La lumière de la présence de Dieu dans le disciple de Christ est ainsi comparée à une lampe à huile. Les lampes à huile doivent être régulièrement remplies pour pouvoir briller. Dans nos pays, la vie au village et les coupures plus ou moins fréquentes d’électricité nous permettent de bien saisir cette image.

Souvent, dans les Écritures, l’huile représente le Saint-Esprit qui révèle Christ dans ses traits glorieux[6]. En étant constamment nourrie par Christ, l’église africaine urbaine sera capable de manifester continuellement la gloire de Christ dans ce monde – représenté par la métaphore de la maison dans ces versets[7]. Le pied de lampe rehausse la métaphore pour décrire l’effet que la lampe a dans la maison. Les bonnes œuvres de l’église sont le « pied de lampe » qui manifeste la gloire de Christ au monde[8]. On déplace aussi la lampe dans la maison suivant les besoin de ceux qui s’y trouvent. De façon similaire, il est important de se laisser conduire par le Saint-Esprit pour devenir des leaders chrétiens selon le cœur de Dieu qui vont conduire l’église pour achever l’œuvre pour laquelle Dieu l’a laissée sur la terre. C’est la responsabilité des conducteurs du troupeau de manifester la beauté de Christ par les bonnes œuvres que Dieu a placées devant Son église.

Qu’est-ce qui empêche la lampe de briller ? C’est la cacher sous un boisseau, c’est-à-dire un récipient qui servait à mesurer le grain. Les œuvres qui sont initiées simplement pour satisfaire nos propres besoins et qui ne sont pas motivées par la seule gloire de Dieu vont atténuer et éteindre la lumière divine. Chers amis, alors que nous étudions ce passage, nous pouvons nous remettre en question. Dans notre ville d’Abidjan qu’est-ce qui empêche trop souvent l’église locale d’étendre une influence sans équivoque sur les communautés qui l’entourent ? Ne sont-ce pas souvent nos désirs cachés d’augmenter notre zone d’influence, de pouvoir, et ainsi nos ambitions personnelles qui motivent secrètement nos actions et nous empêchent de rayonner de façon cohérente et paisible dans notre ville ? Combien de fois, dissensions et manque de vision n’ont-ils pas sapé à la base toute la gloire de Christ qui aurait dû rayonner dans notre ville ! Quel est le remède à ce mal ? « Il t’a déclaré, ô homme, ce qui est bon. Et qu’est-ce que l’Éternel recherche de ta part, sinon que tu fasses ce qui est droit, que tu aimes la bonté et que tu marches humblement avec ton Dieu ? »[9]. Pour ce faire, il est absolument nécessaire pour le disciple et le leader de l’église de Christ africaine urbaine de prendre le temps de contempler la gloire de Christ afin qu’elle puisse briller à travers nous[10]. Allons-nous relever ce défi ?

Après l’étude de cette leçon de chose, revenons au début des Écritures pour y retrouver le premier mandat managérial de Dieu pour l’humanité, et donc en particulier pour chacun de nous, responsables d’églises ou ministères urbains africains.

Genèse 2:15-17 : Le premier mandat managérial de Dieu pour l’humanité.

L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder. L’Éternel Dieu donna cet ordre à l’homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement. (Genèse 2:15-17)

Voici une paraphrase possible de ces versets : Et Dieu conduisit l’être humain et lui assigna un territoire protégé et plein de délices pour y travailler et pour le garder. Et Dieu commanda ceci à l’être humain : Tu vas te nourrir librement et pleinement de tout arbre de ce territoire, excepté l’arbre qui donne la compréhension de la beauté et du mal, car dès que tu commenceras à en manger, tu mourras.

Replaçons ces versets dans leur contexte. Dieu a fini de créer la partie la plus belle de Son œuvre : un être humain. Il place cet être humain dans un endroit où il jouira de liberté et aura une certaine responsabilité, où il pourra se nourrir et exercer une activité. Dieu lui donne un seul mandat et une seule limite : la liberté de manger de toute plante – excepté d’un seul arbre.

Dieu prend cet être humain et le conduit à un endroit spécifique. C’est Dieu qui initie le déplacement, qui conduit, et qui donne le mandat. Il détermine l’endroit géographique de la mission qu’Il confie à l’humanité. Il place l’homme dans un jardin, un endroit protégé et bien défini – dans Son jardin, dans le jardin de Dieu[11]. Nous pouvons nous poser des questions sur ce mouvement et cette initiative de Dieu. Dieu cherchait-il déjà à ce moment à protéger l’homme du mal ?

Dieu donne ainsi à l’humanité son premier mandat managérial. Adam doit cultiver le jardin, c’est-à-dire en prendre soin. Le terme hébreu implique qu’une certaine autorité a été donnée à l’homme. Dieu exige aussi que l’homme préserve le jardin et le protège de sorte qu’aucun mal ne lui arrive. Ceci affirme la présence potentielle du mal. Mais cela affirme aussi l’autorité de l’homme sur ce mal potentiel. Le mandat donné à l’être humain implique du travail, mais un travail positif et agréable. Le travail a ainsi été institué avant la chute. C’est une institution positive[12] qui a été transformée en travail pénible par le péché[13]. Cette institution a été ensuite sanctifiée par la rédemption de Christ comme le démontre Paul[14]. La responsabilité managériale de l’humanité envers le jardin peut être considérée comme une réflexion de la responsabilité de l’homme envers l’humanité en général, c’est-à-dire d’assurer que l’homme soit protégé et puisse s’épanouir par un travail agréable. Le travail, lorsqu’il est sanctifié par Christ, est utilité par Lui pour restaurer le shalom de la création. Mais de façon plus précise, ce mandat s’applique à la responsabilité de l’homme dans la ville : Développer ces zones protégées et bien délimitées qui sont une mini-réplique du jardin de Dieu. Dans ces zones protégées, dans ces mini-jardins, le travail devient synonyme de restauration du shalom divin dans la création et en particulier ses créatures. Par exemple, un centre de réinsertion des femmes prostituées, un centre d’accueil pour les enfants de la rue, une église qui accueille les réfugiés sans toit, ne sont-ce pas là des mini-jardins urbains où le shalom divin transforme la qualité des relations et du travail qui y sont effectués ?

Il y a des conséquences positives du travail d’Adam : il est presque totalement libre de goûter et de savourer le fruit de son travail, en se nourrissant ainsi. Le principe de la récolte du fruit de son travail est affirmé par la loi, par le Seigneur lui-même et par l’apôtre Paul[15].

Mais il y a une limite ou un test à cette joie : l’arbre de la compréhension du bien et du mal. Cet arbre affirme l’existence du mal et de la mort – séparation éternelle de Dieu. Il y a une conséquence inéluctable de la désobéissance au commandement de Dieu[16]. Dieu voit par avance l’entrée de la mort dans le monde. Mais Il cherche à nourrir et à protéger les siens.

Ainsi, de façon analogue et pratique, en tant que responsables d’église, dans quelle mesure plaçons-nous des limites aux responsabilités que nous confions à ceux qui travaillent sous notre autorité ? Quelles sont ces limites ? En plaçant ces limites, cherchons-nous à assurer notre propre territoire ou bien à assurer l’épanouissement et la sécurité de nos subordonnés ?

De la même manière que Dieu a confié un jardin à Adam pour le garder, quel est le jardin qu’il confie chacun de nous ici, à quelque niveau de vie chrétienne que nous soyons placés ? Quel est le territoire que Dieu me confie dans ma vie de famille, dans ma vie professionnelle, dans ma vie d’église ? Quelles mesures ai-je prises pour assurer la protection de ce jardin au milieu des communautés urbaines parmi lesquelles nous nous mouvons ?

Après avoir vu le mandat initial de Dieu pour les conducteurs de l’humanité, il est aussi intéressant de prendre le temps d’analyser l’équivalent du mandat divin dans le Nouveau Testament : la Missio Dei prononcée par Christ avant son départ de la terre.

Jean 20:21-22 : La Missio Dei

Jésus leur dit de nouveau : La paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit : Recevez le Saint-Esprit.

Voici une paraphrase possible de ce texte : Jésus leur dit de nouveau : Ma paix repose sur vous ! De la même façon que mon Père céleste m’a confié une mission, je vous envoie accomplir une mission. Alors Jésus leur communiqua Sa vie en soufflant sur eux et en disant : Saisissez avec émerveillement le don du Saint-Esprit.

Le contexte de ce passage dans l’évangile de Jean montre comment le Christ ressuscité communique avec ses disciples avant de les envoyer dans le monde sans lui. L’évangile de Jean est le seul évangile qui raconte ce récit. Il est le Fils de Dieu, celui qui est l’envoyé du Père, qui délègue une partie de Son autorité à Ses disciples.

Arthur W. Pink dans son commentaire de ce passage[17] souligne que c’est la deuxième fois que Christ communique Sa paix à Ses disciples. La première fois, c’est en relation avec Son sacrifice expiatoire sur la croix. Il parle de la paix de la conscience. Dans notre passage, alors qu’Il offre à nouveau Sa paix, Christ affirme qu’il partage avec Ses disciples la paix constante du cœur et de l’esprit qui est nécessaire pour vivre une vie de victoire dans ce monde. Cette paix est trouvée dans une intimité profonde avec le Père – ultime ressource pour la préparation du disciple en vue du service et du ministère dans ce monde.

Il y a deux verbes différents utilisés pour le verbe français envoyer. Le premier mot grec pour envoyer a la même racine que le mot apôtre et fait plutôt référence à une position qu’on peut occuper. Le second terme utilisé pour envoyer implique un mouvement, et que celui qui est envoyé l’est avec un mandat spécifique et limité. L’utilisation de l’expression comme… moi aussi… indique que Christ utilise une analogie. Ainsi, voici la mesure de l’accomplissement de la mission des disciples (et donc de la nôtre) : C’est dans la mesure où ils acquièrent une compréhension plus profonde de l’envoi de Christ par le Père qu’ils comprendront la mission pour laquelle Christ les envoie maintenant. Avons-nous réellement saisi cette mesure ? En tant que responsables d’églises, dans quelle mesure sommes-nous imprégnés de la grandeur de l’abaissement profond de Christ (tel que nous le décrit par exemple Philippiens 2: 5-8) pour y trouver énergie, joie et dynamisme renouvelés pour accomplir nos missions de réconciliation ? Nous n’avons pas à accomplir une mission de rédemption en tant que telle (cette œuvre de rédemption a été accomplie par Christ une fois pour toutes), mais des missions spécifiques de réconciliation[18]. Où est-ce que nous voyons ensuite les disciples de Christ exercer leurs missions de réconciliation ? N’est-ce pas surtout dans les villes que nous les voyons agir dans le livre des Actes des apôtres ? La plupart des épitres de Paul ont été écrites à des églises urbaines. De façon analogue, nous, leaders chrétiens africains, travaillant pour la plupart dans des zones urbaines, rappelons-nous que c’est à la Missio Dei que nous sommes appelés.

Avec la délégation de pouvoir, Christ donne aussi à ses disciples la ressource ultime et indispensable dont ils auront besoin pour accomplir leurs missions spécifiques dans ce monde : Son Esprit Saint à propos duquel il a déjà enseigné ses disciples en détail (voir Jean 16 en particulier). Puisque Christ est représenté en moi par la présence du Saint-Esprit, j’aurai l’énergie et la puissance pour Le servir et Le glorifier. Christ donne Son Esprit à Ses disciples de façon analogue à la façon dont Dieu a insufflé Son Esprit dans l’être humain en Genèse 2:7. Par la résurrection de Christ, les disciples d’alors, et maintenant l’ensemble de ses disciples, ont été recréés en nouveauté de vie, en une nouvelle création[19]. Ils sont complètement réconciliés avec Dieu et ont une identité rachetée devant Lui. Cette nouvelle identité les rendra capables d’accomplir la nouvelle mission qui leur a été confiée, mission qui est composée d’une multiplicité de missions.

Nous pouvons nous demander ce qu’est cette mission. C’est le service caractérisé par la conscience de la grandeur de Celui qui envoie, c’est-à-dire le Créateur de l’univers et le Sauveur du monde[20]. Elle est aussi intimement liée à la paix de Dieu et à l’harmonie de notre relation avec Lui et avec le monde autour de nous par la présence du Saint Esprit. Cette mission, c’est servir dans la conscience de l’autorité divine et de la mission que Christ a confiée à ses disciples. Et c’est chercher à glorifier Christ et Son Père (Jean 17:18-23). De façon conséquente, en tant que disciple de Christ, nous sommes responsables de nous évaluer au regard de ce mandat. Est-ce que nous considérons notre responsabilité en tant que leader chrétien comme une extension de la Missio Dei que Christ a confiée à ses disciples ? Ou bien est-ce que nous agissons selon certains pouvoirs qui nous ont été donnés par la famille ou la société ? Identifier la source de la mission que Christ et ses disciples ont reçue leur permettra de l’accomplir avec un profond sentiment de dépendance de Christ et d’engagement envers Lui.

Ce texte nous conduit naturellement au passage suivant que nous allons considérer et qui développe une valeur importante de la Missio Dei : l’esprit de service.

Marc 9:35-37 : L’esprit de service – valeur indispensable au leadership

Alors il s’assit, appela les douze, et leur dit : Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous. Et il prit un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et, l’ayant pris dans ses bras, il leur dit : Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits enfants me reçoit moi-même ; et quiconque me reçoit, reçoit non pas moi, mais celui qui m’a envoyé.

On pourrait paraphraser ce passage ainsi : Lorsqu’il s’assit pour prendre quelque repos, Jésus invita ses disciples à faire de même et commença à les enseigner : Toute personne qui cherche à devenir un leader ou un chef doit tout d’abord chercher à se placer au dernier rang et à servir tous les autres. Ensuite, il prit un petit enfant et le leur montra. Il le prit dans ses bras et l’embrassa en disant : Toute personne qui accueille de tels petits en mon nom m’accueillera, et toute personne qui m’accueille, ce n’est pas moi seul qu’elle accueille, mais aussi Celui qui m’a envoyé en mission ici sur terre.

Cet événement nous est conté par Marc, le serviteur qui a manqué à sa mission de servir avec Barnabas et Paul dans leur voyage missionnaire[21]. Cependant, il a été restauré dans le service par Pierre et a même été invité par Paul à le visiter pendant ses derniers jours en prison[22]. Marc, le serviteur infidèle, a compris l’importance de devenir un serviteur fidèle pour accomplir la mission de Christ sur la terre. Les versets ci-dessus viennent après l’expérience de la transfiguration de Christ et la guérison de l’enfant possédé par un démon, et aussi tout juste après que Christ a annoncé pour la troisième fois ses souffrances et sa mort. Mais, au lieu de se laisser troubler par les paroles de Christ, les disciples se préoccupent d’eux-mêmes. Ils étaient probablement submergés par les événements précédents qui dépassaient toutes leurs attentes, et se demandaient, de façon plus réaliste, qui serait le plus grand parmi ceux qui avaient vu la gloire de Christ. C’est la première occasion qu’ils avaient de faire un « débriefing » et de discuter de ce glorieux événement pour partager leurs impressions. Alors Christ intervient et saisit cette opportunité pour attirer leur attention sur l’une des profondes valeurs du royaume de Christ par une leçon de choses.

Christ ne dit pas ici qu’il est incompatible avec son royaume de désirer devenir un leader, mais que certaines qualités spécifiques sont nécessaires pour cela. De la même manière, Paul, dans ses écrits, ne refuse pas le désir de devenir un leader dans l’église avec des responsabilités de supervision[23], mais il développe les qualités nécessaires pour devenir un leader responsable dans l’église. Dieu recherche l’humilité[24]. En conséquence, les disciples de Jésus n’ont pas à choisir ceux qu’ils vont servir. La personne avec le moins de dignité est aussi digne d’être servie que la personne qui semble en avoir le plus. Il ne faut pas faire de discrimination au regard de ceux qui doivent être servis : celui qui, aux yeux des hommes, le mérite le moins en a le plus besoin.

Le fait que Christ utilise un enfant comme symbole de l’être le moins méritant démontre sans équivoque l’esprit que Christ souhaite que ses disciples acquièrent. Il veut un royaume caractérisé par la simplicité, la dépendance, l’humilité, et la foi inconditionnelle. La nécessité d’accueillir même la personne la plus indigne dans le royaume de Christ est soulignée dans de nombreux autres passages du Nouveau Testament[25]. Pourquoi ? Chaque être humain a été créé à l’image de Dieu dans le but de Le glorifier[26]. Dieu désire intensément être glorifié dans chacune de ses créatures. En tant que disciple de Christ engagé à voir Christ dans chaque être humain, nous devons chercher à développer des pensées et réactions à l’image de celles de Christ. Alors nous rechercherons à nous accueillir et à nous servir mutuellement de la même manière que nous avons été accueillis et rachetés par Christ.

Nous pouvons nous demander pourquoi l’unité de Christ avec le Père est soulignée dans un tel contexte. Peut-être que l’une des réponses réside dans la nécessité que Son auditoire comprenne la source de Son autorité : son union avec le Père, et donc Sa divinité. Si Christ, dans une telle position, est ainsi conduit par la valeur de l’humilité, combien plus nous, ses disciples, devrions-nous l’être ! L’unité de Christ avec le Père démontre aussi l’importance qui est placée sur un simple acte d’accueil, même envers le plus petit. Cette valeur est complètement opposée à celle du monde. C’est pour cela que nous devons être renouvelés par le Saint Esprit pour être transformés dans le plus profond de nos pensées intimes. Kraybill a écrit (et je traduis) : « Dans le Royaume à l’Envers (le royaume de Christ), la grandeur n’est pas mesurée par l’ampleur du pouvoir que nous avons sur les autres (…) Dans ce royaume inversé, la grandeur est déterminée par notre désir de servir – et de servir inconditionnellement »[27]. Comme Christ a accepté de devenir un serviteur pour obéir à Dieu et lui a apporté tout honneur et gloire, ainsi ses disciples devraient montrer la même attitude. Cela nous aide à mesurer combien nos cœurs naturels et les valeurs de la société qui nous entoure sont opposées aux valeurs du royaume.

Cela nous rappelle ce que Gottfried Osei-Mensah a écrit :

Si nous sommes serviteurs, faibles, sans moyens financiers et n’ayant aucune puissance sur laquelle nous appuyer, si nous en sommes pleinement conscients, alors se produira quelque chose que le monde n’a pas vu depuis longtemps : les hommes et les femmes découvriront la force et l’efficacité de l’Évangile comme jamais ils n’auraient pu l’imaginer[28].

En conséquence, alors que les disciples de Christ cherchent à Le servir et à servir les plus petits et méprisés de leurs communautés, ils démontreront la valeur inexprimable d’accueillir Christ dans leur vie par l’accueil du moindre des êtres humains.

Nous arrivons maintenant à la poutre qui consolide l’appel au service et la réponse de servir humblement : c’est le partage de la paix, le shalom de Dieu, à une société urbaine qui ne le mérite pas.

Jérémie 29:7 – Paix pour la ville

Recherchez le bien de la ville où je vous ai menés en captivité, et priez l’Éternel en sa faveur, parce que votre bonheur dépend du sien (Jérémie 29:7).

En voilà une paraphrase : Recherchez diligemment le shalom de la ville où je vous ai transportés en exil. Intercédez devant le Seigneur pour elle, parce que dans son shalom votre shalom sera établi.

Les Juifs furent exilés à Babylone par Nebuchanedzar vers 660 avant J.-C. Ils ne savaient pas comment gérer cette nouvelle situation pour ne pas perdre leur identité juive. Jérémie, le prophète, écrit de Jérusalem à ces Juifs exilés pour les encourager à voir la main de Dieu dans leur exil et pour les mettre en garde contre les messages des faux prophètes. Il le fait à cause de son amour profond pour le peuple de Dieu et son intimité avec le cœur de Dieu pour son peuple. Le ton de ce passage ne laisse pas d’ambivalence : l’impératif de ces verbes souligne l’importance de ce que les Juifs exilés avaient à faire. Il n’y avait pas d’autre alternative.

Ces Juifs exilés étaient encouragés à rechercher la paix. Ce n’était pas un état atteint une fois pour toutes. Un travail actif était engagé. Un effort pour être créatif dans la recherche de la paix était nécessaire. Le concept de la paix ici implique le bien-être, la sécurité, l’harmonie dans les relations, ainsi que l’accomplissement de l’œuvre de Dieu. C’est un concept prévalant dans toute la parole de Dieu, qui a sa source en Dieu et qui fait partie de la nature de Dieu[29]. Il était commandé aux Juifs exilés de travailler activement au développement de cette nature paisible de Dieu là où ils vivaient alors, c’est-à-dire dans la ville de Babylone.

Ces Juifs exilés avaient été transportés à Babylone comme conséquence de leur idolâtrie et de leur désobéissance à Dieu. Nous voyons dans les Écritures que Babylone était un symbole de l’iniquité collective[30]. C’était un centre païen où le pouvoir du mal s’était développé. C’est dans cette concentration de mal que les Juifs exilés étaient appelés à être des agents de paix. Il est intéressant de noter que, de même que le concept de jardin que nous trouvons en Genèse 1, la ville est aussi un endroit limité et protégé. Il y a probablement une relation plus profonde entre le jardin et la ville que nous sommes généralement enclins à croire. La ville est-elle un jardin évolué ? De toute façon, la ville de Babylone devait devenir le réceptacle de la paix de Dieu si le peuple de Dieu priait pour elle.

Ces Juifs exilés devaient aussi réaliser qu’ils étaient à Babylone, non pas à cause des colons babyloniens, mais parce que Dieu Lui-même les y avait emmenés pour qu’ils prennent du temps pour réfléchir à leurs voies et comprendre les exigences de Dieu. Voici un puissant exemple qui nous montre que, dans nos vies individuelles et d’église, même dans les situations qui sont des conséquences de nos péchés, nous sommes appelés à développer et construire des relations harmonieuses entre nos communautés et Dieu.

Ces Juifs devaient prendre du temps et consacrer de l’énergie à intercéder pour la ville de Babylone. Ils devaient prier Dieu, Celui qui était entré dans une relation d’alliance avec eux. Cette intercession exprime leur soumission à Dieu et aux autorités sous lesquelles Dieu les avait placés. Ils devaient apprendre à se soumettre à Dieu alors qu’ils se soumettaient aux leaders de Babylone[31]. En intercédant pour leurs ennemis, les Juifs allaient apprendre ce qu’ils auraient dû faire pour les Cananéens lorsqu’ils prenaient possession de leur pays. De façon analogue, une véritable intercession nous conduit à maintenir une perspective divine concernant les personnes et les peuples pour lesquels nous intercédons. Une telle intercession assure aussi que nous ne cachons pas de racine d’amertume dans nos cœurs[32]. Plus qu’une agglomération d’infrastructures à gérer, Babylone était composée de personnes pour lesquelles les Juifs devaient prier.

À cause de leur intercession, Dieu procurera de la paix sur la ville et sur les Juifs exilés. L’harmonie des relations entre les Babyloniens était intimement liée à la paix que les Juifs exilés seraient capables de développer dans la ville. Cette paix serait établie par Dieu comme le résultat de l’intercession. Ainsi, les Juifs exilés deviendraient un canal de bénédiction divine pour leurs communautés. Quel modèle pour nous, responsables d’églises et de ministères, qui nous montre l’importance d’intercéder pour nos villes africaines qui semblent parfois représenter des monstruosités de misère et de laideur. Dieu lui-même s’engage à développer l’harmonie, son shalom, dans ce qui ne semble qu’un désordre et qu’une misère irréductibles. Avons-nous la foi que nous verrons Dieu à l’œuvre dans nos villes ?

Après avoir étudié ces cinq passages constituant cinq piliers du royaume que Christ nous appelle à établir, concluons maintenant notre réflexion sur l’action transformatrice par la présence de Christ sur les communautés urbaines africaines dans lesquelles chacun de nous est appelé à servir.

Les communautés urbaines africaines transformées
par la présence de Christ

Nous vivons maintenant deux millénaires après les écrits bibliques. Il nous est donc nécessaire de réfléchir aux caractéristiques du monde urbain africain postmoderne : Comment, de façon pratique, l’église africaine peut-elle retrouver la qualité de l’église du premier siècle tout en demeurant un message lisible et compréhensible à nos communautés urbaines ? Le défi de l’église est de redécouvrir son rôle transformationnel spécifique vis-à-vis du monde par son engagement dans le monde. Comme l’écrivait Niebuhr[33], le rôle de l’église n’est pas d’intégrer Christ dans la culture du monde, mais de redécouvrir son rôle transformationnel de la culture.

Notre regretté théologien, le Dr. Kwame Bediako, a beaucoup écrit à ce sujet. En étudiant les défis auxquels l’église africaine doit faire face, Dr. Bediako souligne l’importance de réécrire l’histoire de l’église africaine au vu de ses récents développements. Il trouve aussi important de développer une reconceptualisation des différents tenants de la théologie chrétienne africaine en y intégrant une plus juste compréhension des éléments de la culture africaine. Cela conduira l’église à se porter sur l’être plutôt que le faire où les statistiques des baptêmes comptent plus que la qualité des disciples formés. Certaines églises et mouvements missionnaires en ont déjà pris bien conscience.

Dr. Bédiako termine son livre Christianity in Africa : The Renewal of a Non-Western Religion[34] par la réalisation que le christianisme est devenu une religion qui n’est pas occidentale, mais une religion mondiale qui a été profondément intégrée dans le contexte africain. Alors que l’église africaine comprend sa réelle identité, sa double mission – vétéro- et néo-testamentaires –, qu’elle développe un esprit de service pour exercer cette double mission, notre souhait est qu’ainsi elle puisse constamment agir et réagir dans un milieu urbain pour y promouvoir le shalom divin. Comme l’écrivait notre frère Célestin Koffi :

L’urbanisation étant dorénavant devenue une question sociale incontournable dans une Afrique en développement, l’Église en Afrique francophone doit chercher à rattraper son retard en visant les principaux centres urbains. Non seulement parce que les villes africaines constituent généralement le point de mire de toutes les structures de la société, mais parce qu’elles sont confrontées aux grands défis qu’impose la pauvreté [et j’ajoute : ainsi que les défis politiques, ethniques, environnementaux] qui est le lot quotidien des citadins. Les villes  représentent pour l’Église africaine un mandat qui devient de plus en plus urgent d’accomplir en obéissance à l’ordre suprême du Seigneur[35].

Responsables d’églises et de ministères, notre vœu et notre prière pour vous sont que vous puissiez devenir des agents de transformation urbaine dynamiques qui apportent une contribution indéniable à l’accomplissement de la Missio Dei dans notre monde africain urbain francophone !


[1] Voir par ex. Perry B. Yoder, Shalom: The Bible’s Word for Salvation, Justice and Peace (Nappanee, IN: Evangel Publishing House, 1987).

[2] Plusieurs passages bibliques font référence à ce thème : Jean 1:29 ; 2 Corinthiens 5:29 ; Colossiens 1:20.

[3] Voir 2 Corinthiens 5:20.

[4] Cornelius Plantinga, Engaging God’s World, (Grand Rapids, MI: William B. Eerdmans Publishing, 2002), p. 51.

[5] Voir Colossiens 1:18.

[6] Jean 16:13-16.

[7] Voir Apocalypse 1:12-13, où Christ est debout au milieu des lampes qui représentent l’Église.

[8] Voir par ex. Éphésiens 2:10 ; Colossiens 1:10 ; 1 Timothée 6:18 ; Tite 2:14; 3:8 ; Hébreux 10:24 ; Jacques 2:17-18 ; 1 Pierre 2:12 ; Matthieu 25:35-36.

[9] Michée 6: 8.

[10] Voir 2 Corinthiens 3:18; 4:1 et suivants.

[11] Voir Ésaïe 51:3 ; Ézéchiel 28:13; 31:9.

[12] Lévitique 23: 3.

[13] Genèse 3:19.

[14] 1 Corinthiens 15:58 ; Éphésiens 4:28 ; 1 Thessaloniciens 3:12.

[15] Lévitique 19:13 ; Matthieu 10:10 ; Colossiens 4:1.

[16] Voir Romains 5:12; 6:23 ; 1 Corinthiens 15:21-22.

[17] Arthur W. Pink, Exposition of the Gospel of John [CD-ROM] Excondido, CA: Ephesians Four Group, 2000.

[18] Cette mission de réconciliation est développée en 2 Corinthiens 5.

[19] Voir 2 Corinthiens 5:17.

[20] Voir Jean 1:19.

[21] Actes 13:13.

[22] 1 Pierre 5:13 ; Colossiens 4:10 ; 2 Timothée 4:11.

[23] 1 Timothée 3:1.

[24] Voir par ex. Luc 18:14 et Psaume 51:17. C’est un principe de croissance dans le royaume de Dieu : Matthieu 20:25-28 et Luc 14:10-11.

[25] Voir Matthieu 10:40-42; 25:35-45 ; Luc 9:48 ; Hébreux 13:1-2 ; 1 Pierre 4:9, et Romains 12:13.

[26] Genèse 1:26-27 ; Ésaïe 43:7 ; Colossiens 1:15-18.

[27] Donald B. Kraybill, The Upside-Down Kingdom (Scottdale, PA: Herald Press, 1978), p. 276.

[28] Gottfried Osei-Mensah, Le dirigeant : patron ou serviteur ? (Abidjan : Centre de Publications Évangéliques, 1994), p. 90.

[29] Voir 1 Thessaloniciens 5:23 et Éphésiens 2:14.

[30] Apocalypse 14:8; 16:19; 17:5; 18:2.

[31] Voir Jacques 4:7 ; Romains 13:1.

[32] Voir Hébreux 12:14.

[33] H. Richard Niebuhr, Christ and Culture (New York: Harper, 1951).

[34] K. Bediako. Christianity in Africa: The Renewal of a Non-Western Religion. (Edinburgh: Edinburgh University Press, 1997).

[35] C. Koffi, Étude sur l’urbanisation de l’Afrique occidentale francophone (Montréal : Direction Chrétienne, 2006).

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