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Conférence Internationale de Recherches Interdisciplinaires

1959 – 2019 : 60 ans des études théologiques en Afrique francophone

Tendances actuelles et perspectives d’avenir

Perspectives sur la théologie du travail en Afrique francophone

Martine Audéoud, Ph.D.

19-21 novembre 2019

 

RESUMÉ

Perspectives sur la théologie du travail en Afrique francophone

Les sociétés traditionnelles en Afrique ont toujours promu le travail et la réussite. Si l’Eglise comprend son mandat missionel holistique, il est nécessaire d’en tenir compte si elle veut apporter le shalom divin aux communautés qu’elle sert. Le travailleur chrétien doit bien les connaitre et les comprendre pour vivre et travailler d’une manière qui promeut les valeurs du Royaume tout en valorisant les fondements culturels de la société qui l’entoure et qui sont cohérents avec le mandat holistique de l’Eglise. Pour ce faire, il faut d’abord analyser la vision du monde et du travail des communautés africaines ainsi servies. Cette analyse est un passage obligé pour identifier les éléments culturels qui serviront de pont pour un vécu chrétien du travail dans les différentes communautés africaines.

En prenant comme base de réflexions plus de 25 devoirs de recherche d’étudiants doctoraux d’une dizaine de pays d’Afrique francophone sur la théologie du travail, cet article propose tout d’abord un survol des perspectives traditionnelles africaines concernant le travail. Ensuite, après avoir présenté une synthèse de la compréhension  de la théologie du travail par une génération de leaders chrétiens africains, cette recherche nous a amené à identifier quelles sont les orientations théologiques africaines déjà définies sur le travail et à proposer de nouvelles pistes de recherche pour développer et renforcer un corpus théologique pertinent au service de la mission holistique de l’Église africaine francophone.

Le travailleur, de par son travail, rend un culte à Dieu. Considérer son activité comme une vocation et lui donner toute sa valeur par la qualité de travail et la création d’un environnement propice à l’épanouissement n’apportera-t-il pas de la gloire à Dieu dans le cadre de l’appel missionnaire qu’a reçu tout travailleur chrétien ?

INTRODUCTION

Les sociétés traditionnelles en Afrique ont toujours promu le travail et la réussite. Si l’Eglise comprend son mandat missionel holistique, il est nécessaire d’en tenir compte si elle veut apporter le shalom divin aux communautés qu’elle sert. Cet article propose une compilation des réflexions théologiens d’une dizaine de pays africains francophones sur une variété d’aspects de la théologie du travail. Nous montrerons d’abord que le travailleur chrétien africain doit d’abord s’atteler à identifier les dimensions du travail dans les cultures traditionnelles africaines les comprendre. Cette compréhension l’amènera à vivre et travailler d’une manière qui promeut les valeurs du Royaume tout en valorisant les fondements culturels de la société qui l’entoure et qui sont cohérents avec le mandat holistique de l’Eglise.

Les perceptions courantes du travail en Afrique, et ce même par les Africains eux-mêmes, sont très souvent négatives. Par exemple, Koidima écrivait en 2011 : « De la campagne à la ville, l’on feint d’être un travailleur, amoureux des pauses de 10 heures, de la sieste et des retards au boulot. »[1] Pourtant, « au commencement, il n’en était point ainsi » (Mat. 18 :8). Christ lui-même donne, par rapport à l’enseignement prévalent concernant le divorce, un exemple clair de la transformation des principes de bases de la société pour le plaisir de certains, mais au détriment du bien-être général.

Cet article suivra une approche méthodologique particulière. En effet, depuis près d’une décennie, nous coordonnons des efforts d’enseignement sur la théologie du travail à l’Université de l’Alliance Chrétienne d’Abidjan (UACA – anciennement FATEAC). Dans toute la sélections des travaux (non-publiés) de synthèse soumis sur le sujet, nous en avons sélectionné plus d’une vingtaine qui représentent une diversité de contextes et de perspectives géographiques, professionnels, ecclésiastiques assez remarquables. En identifiant dans ces travaux des aspects particuliers au contexte plus global africain francophone, nous avons cherché à donner une voix à cette panoplie théologiens, doctorants ou docteurs, dans le cadre de cette Conférence Internationale de Recherches Interdisciplinaires. En tant que lecteur ou participant à cette Conférence, vous pourrez probablement avoir le sentiment que vous allez assister, en vous imprégnant de ces réflexions, à une symphonie où chaque théologien joue son rôle et sa partition pour créer un ensemble de réflexion harmonieuses qui s’entre-répondent.[2]

Le travail dans la vision du monde traditionnelle africaine

Nous débuterons par une analyse de la vision du monde et du travail des communautés africaines. Cette analyse est un passage obligé pour identifier les éléments culturels qui serviront de pont pour un vécu chrétien du travail dans les différentes communautés africaines.

N’Dri (2013)[3] dans son préambule de son travail Aperçu du travail dans l’histoire de l’Afrique note : « De manière générale, nous avons constaté que les informations sur les formes de travail et de production même dans la période précoloniale en Afrique sont parcellaires[4]. Il convient donc de glaner les informations par-ci et par-là pour une tentative de construction d’une histoire du travail au sein des peuples africains. » Il continue en présentant l’analyse suivante de la vision du travail par les sociétés africaines traditionnelles :

Dans notre analyse de la vision du monde de l’Africain, nous avons dégagé que pour l’Africain la vision du monde est en rapport avec la cosmogonie. Cette cosmogonie met l’Africain en rapport avec le monde créé visible ou invisible, la nature toute entière avec ses principes de fonctionnement. Ses rapports avec cette cosmogonie se définissent souvent en termes de rituels, de sacrifice, d’ensemble de loi à observer. Deux éléments de cette cosmogonie orientent particulièrement l’Africain : le sol (la terre) et les ancêtres. Le sol est le lieu de vie de l’Africain et aussi le lieu où il tire sa subsistance. L’Africain entretient un rapport privilégié avec le sol pour permettre au sol de produire le meilleur de lui-même en vue d’assurer la survie de la famille et de la communauté toute entière. Dans ces rapports avec le sol, le travail agricole voire les actes de production, revêtent des caractères de rituel. Ainsi, comme le dit Philippe Hugon, dans une telle conception du monde, « le travail n'a pas le sens qu'il peut avoir dans une économie développée et tournée vers la praxis. La durée du travail est déterminée par le rythme des saisons ; l'agriculteur ne se sent pas concerné par un avenir dont la plupart des éléments lui échappent »[5]. L’on peut donc déduire de tout ceci que le travail pour l’Africain traditionnel est plus une question de rituel, ainsi les résultats du travail ne dépendent pas forcement de lui mais plutôt des forces qui lui sont extérieures.

Dans ses rapports avec les ancêtres, il convient de noter que pour l’Africain traditionnel ce sont les traditions ancestrales qui façonnent et appuient ses relations de travail. Aussi le travail, celui de production de subsistance est un moyen d’entraide communautaire. Il permet à l’Homme africain d’assurer sa responsabilité sociale, voire spirituelle au sein de la communauté. Il n'y a donc pas de relation spontanée entre le travail et l’économie (enrichissement).

La vision du monde de l’Africain nous a aussi permis de comprendre que l’Africain se trouve au sein d’un vaste réseau de relation. L’Africain investit donc énormément de temps dans les relations sociales et cela le plus souvent au détriment du travail. Ainsi, le travail routinier qui freine la gaieté des contacts et qui se déroule dans l'indifférence voire le mépris heurte l'Africain attaché à son honneur et donc aux encouragements et récompenses.[6]

En somme, il est certes vrai que la vision du monde africain présente assez d’incompatibilités avec la conception moderne et occidentale des choses. Cependant, cette vision du monde communique certaines valeurs. De manière générale, cette vision du monde influence et fonde les faits, les choix et surtout les valeurs de la communauté africaine. Le travail en Afrique traditionnelle a une valeur spirituelle, sacrée, à cause de son rapport avec la terre qui est généralement son support et des ancêtres qui en sont l’ordonnanceur. Ceci fait que dans l’Afrique traditionnelle, le travail était une des vertus fondamentales. La valeur d’un homme, voire d’une famille, s’évalue en rapport à son attachement au travail, la paresse et le vol étant reprouvés par la communauté. Cependant, comme le souligne Philippe Hugon, « La colonisation, d'une certaine manière, a « broyé les coutumes irrationnelles de l'Afrique » mais en même temps détruit des valeurs qui donnaient à l'individu une signification au sein de la société »[7]. Au nombre de ces valeurs détruites, nous inscrivons le travail comme acte sacré, comme sacerdoce pour l’Africain.

Et Gnali (2016, 47) ajoute sur cette relation du travail avec les divinités ancestrales et son impact sur la société :

Bien entendu, la vision ou la philosophie du travail gouvernée par les esprits des ancêtres traverse les limites de l’Afrique de l’Ouest pour embrasser l’Afrique de l’Est. Dans cette ligne de pensée, Warata, parlant de la tribu Kikuyu du Kenya, écrit : « Après les cérémonies d’initiation, les jeunes adultes n’étaient pas seulement déclarés prêts pour une vie d’adultes plus rigoureuse et responsable, mais l’on s’attendait également à ce qu’ils soient significativement engagés dans un commerce productif. Chaque personne devait pouvoir appendre une activité commerciale profitable pour elle-même et pour la communauté »[8].

Cette perception du sens du travail est aussi affirmée par ce théologien d’Afrique centrale (Luyeye, 2013, 80) : « Il est tout en tout un acte religieux, un acte de communion avec les forces cosmiques. Il doit être posé dans le respect des forces surnaturelles. Cet acte est de surcroît dit social car posé dans le lien de solidarité des membres de tout le clan (Gallez 1994 :16). »

Ces descriptions du travail comme faisant partie du mandat spirituel des sociétés traditionnelles africaines ne nous font-elles pas penser aux premiers chapitres de la Genèse ? Tessolo (2015, 43) propose à ce sujet:

Pour essayer de comprendre le sens du travail humain nous allons partir dans le livre des origines celle de Genèse au chapitre 2. Après avoir créé l’homme, Dieu le plaça dans un jardin avec ces obligations : « le cultiver » et « le garder » (2 :15).  Est-ce que ces deux verbes signifient l’obligation de travailler ? Nous pensons effectivement que ces deux verbes évoquent une action continue : le premier semble dire une action constante ; et le second suppose  une vigilance contre des ennemis éventuels.

Cette activité conférée à l’homme par Dieu a donc un caractère sacré et représente l’expression de la relation de l’homme avec Dieu : c’est donc un culte à Dieu effectué par le travail de la terre et le maintien du jardin que Dieu a confié à l’homme. Ce jardin est bien délimité et le travail confié par Dieu à l’homme est aussi clair. Le travail dans la vision africaine du monde ne rejoint-il pas ce que Dieu a initialement prévu pour l’homme ? Bilongo (2014, 4) note à ce sujet : « Dans le jardin d’Eden en effet, Adam ne travaille pas pour se nourrir ou pour améliorer ses conditions de vie ; Dieu avait tout prévu (Genèse 1, 29-30). » Le travail n’apportait rien de plus à l’homme. Il était simplement l’expression de sa relation avec Dieu et son adoration de Dieu. Et sur le plan des relations avec ses semblables, Gbenameto (2014, 35) précise aussi en commentant ce passage que « Il n’a nullement été question dans ce privilège conféré à l’homme de dominer sur l’homme qui est son semblable. » Comme l’écrit N’Dri (voir citation plus haut), le travail représentait le lien qui huilait les relations sociales. Ceci est corroboré par Dedji (2018, 46) :

Ainsi, l’homme travaille non pas pour un pouvoir économique mais plutôt pour des pouvoirs surnaturels, religieux, invisibles (Pognon, 2009)[9]. … Le travail est valorisé dans la culture béninoise … en étant un indicateur de la dignité, du respect et de la fidélité aux ancêtres. Il permet aussi de satisfaire les besoins de l’homme.

Sur le plan théologique, la perception du travail a été transformée par la chute. Gunn (2016,35) l’évoque en ces termes :

Suite à la désobéissance de l’homme, Dieu a déclaré toute une série de malédictions qui allaient désormais toucher l’humanité et la création toute entière (Ge 3.17-19). Ce passage a servi pendant longtemps de justification à la conception pessimiste du travail. Il convient de noter que c’est le sol qui a été maudit et non le travail. Mais, le travail devint tout à coup pénible, car il fallait dorénavant lutter contre les éléments et la nature avant d’avoir une bonne récolte et de trouver de la nourriture indispensable à la survie de l’homme. Pour plusieurs encore aujourd’hui, le travail évoque un fardeau lourd mais obligatoire pour pallier aux besoins de la vie.

Enfin, en terre africaine, la colonisation et l’effort missionnaire ont transformé la perspective traditionnelle du travail. Des modèles économiques et occidentaux ont été ajoutés à la vision africaine du travail. Les aspects de temporalité, de rendement économique, de punition, d’éloignement de la terre en vue de la production de biens et services ont complètement fait perdre à l’Africain les valeurs originales de la culture africaine du travail. N’Dri (2012) montre en effet dans son travail que tant les motivations pour le travail (c’est-à-dire l’honneur dû à son origine divine) que les objectifs du travail (de la subsistance à la capitation, au versement de salaire et à l’enrichissement) ont été transformés (54-56). Il écrit en effet (64) :

Avant la colonisation, la motivation au travail avait un rapport avec les ancêtres. Il convenait pour l’africain de continuer l’œuvre des ancêtres. Ne pas travailler, c’est enfreindre les lois tribales. A la colonisation, la motivation au travail était plus la crainte du colon et de ses répressions. Quelles peuvent donc être les motivations dans le nouveau concept du travail ? Il s’agit ici de récupérer des valeurs dans l’essence de l’Africain, lui présenter le travail comme sacré et comme un sacerdoce. Certaines données de la théologie biblique du travail peuvent aider à ce niveau. Le travail ici est présenté comme d’origine divine et son exécution par l’homme comme continuation de l’œuvre de Dieu.

Le retour à la conception originelle de la sacralité du travail à sa transformation en objectivisation avec toutes ses conséquences a été le thème de cette première partie. A présent, quels sont les aspects de la théologie du travail qui sont promus par les leaders chrétiens africains ? C’est ce qui fera l’objet de la partie qui suit.

Les facettes de la théologie africaine du travail

            Avant d’entreprendre cette partie, nous souhaitons remarquer que les perspectives présentées ci-après ne sont pas dépourvues d’influences non-africaines, vu l’impact de la théologie occidentale sur les enseignements théologiques en Afrique et vu la globalisation des différentes communications théologiques. Les tenants de la théologie africaine du travail peuvent être présentés sous différents angles : les perspectives individuelles et identitaires, les perspectives sociétales et les perspectives globales.

Perspectives individuelles et identitaires

            Cette partie présentera l’importance d’associer le travail à la missiologie. Elle mettra aussi en valeur la caractéristique intrinsèque de l’identité non-négociable du travailleur chrétien pour en élargie les impacts sur le plan global.

Missiologie du travail

Plusieurs théologiens africains ont souligné l’importance de considérer le travail du chrétien comme étant une réponse à la vocation missionnaire de tout chrétien. Par exemple, Athanga (2013, 40) préconise que :

Le milieu professionnel représente une excellente opportunité pour les croyants de présenter au monde l’amour de Dieu, d’être en contact avec les peuples et de répandre la bonne nouvelle de Jésus. Ceci peut être fait par des milliers de croyants là où les missionnaires traditionnels ne peuvent pas arriver… Imaginez tous ces croyants qui passent au moins 40 heures par semaine dans leurs milieux professionnels et seulement 2 à 3 heures à l’église le dimanche ! Le chrétien ne devrait pas continuer à croire qu’il ne peut servir Dieu qu’à l’église. Nous avons besoin d’un nouvel ordre de considération : notre travail, séculier soit-il, appartient à Dieu. Mais encore plus, nous n’avons pas été faits pour le travail mais nous avons été faits pour Dieu.

            Ainsi, le travail permet à celui qui l’accomplit de réaliser le grand commandement de Christ dans Marc 12 : 30-31 : « Une des façons pour le chrétien de montrer qu’il aime Dieu est de prendre soin de Sa création au moyen d’un travail utile. Et une des principales manières de montrer son amour pour ses concitoyens est de réaliser un travail productif qui contribue à leur bien-être » (Sita, 2012, 33). Dans la même veine, Tessolo (2015, 47) démontre que le travail de l’homme est à l’image du travail créateur de Dieu et du travail rédempteur de Christ. En conséquence :

Le travail prend un sens nouveau. Dans cette vision nouvelle des choses, le travail de l’homme régénéré est une participation à l’œuvre recréatrice de Dieu. Par notre travail nous contribuons à la restauration de la dignité de l’homme et à la transformation de l’être humain de manière holistique.

Le travailleur chrétien considère ainsi son milieu professionnel comme champ de mission, ce que souligne Kambire (2016, 52) en montrant qu’il y a là une occasion unique pour faire avancer le royaume de Christ : « C’est dans cette proximité avec Dieu que le travailleur chrétien peut recommander sa mission d’évangélisation, et intercéder pour ses chefs, ses collègues, et éventuellement ceux sur lesquels il est établi. » Il adopte ainsi les caractères et qualités de Christ dans son travail pour que la gloire de Christ soit vue dans ce monde. Plusieurs théologiens ont décliné les divers aspects qui caractérisent le travailleur chrétien et son travail : l’excellence (Sita, 2013, 21), la fidélité (Barka, 2018, 56), l’amour du travail, la discipline, la recherche et la créativité (N’Dri, 2013, 67) ainsi que l’éthique au travail[10]  sont des caractéristiques abordées par ces théologiens.

Identité du travailleur

            Il est intéressant de noter que peu ou prou de théologiens ont abordé la notion de l’identité du travailleur. Notre questionnement est le suivant : N’est-ce pas en comprenant qui nous sommes en Christ en tant que travailleur chrétien que nous comprendrons comment travailler ? Des propositions seront seront faites en aval de ce travail.

Perspectives sociétales et sociales

            Bako (2016, 58) rappelle que le contexte africain donne un cadre tout particulier à l’impact social du travail. Il utilise l’imparfait en faisant référence aux temps précoloniaux où la famille élargie constituait le cadre de vie et d’interaction.

Le travail avait pour fondement la valorisation de l’être humain et la conservation de sa dignité. Il devait permettre de garder l’intégrité à travers la capacité à satisfaire les besoins fondamentaux et à répondre aux exigences de sociales diverses par ses biens, afin de demeurer dans la dignité.

Le soutien à ceux qui sont dans le besoin donnait des privilèges particuliers parce que la reconnaissance du bienfait était une valeur partagée. On venait en soutien à des gens frappés par une catastrophe ou aux étrangers.

Bako (ibid.) continue ensuite à faire un survol de toutes les ressources géographiques, géologiques ainsi que des défis environnementaux auxquels l’Afrique est confrontée. Tout en proposant aux acteurs économiques et sociaux à s’engager dans cette lutte, il appelle aussi l’Église africaine à s’investir pour prier et agir pour répondre à ces défis de manière constructive en proposant un plan d’action qui implique tous les acteurs communautaires,  économiques et sociaux. La conclusion à ses réflexions est parlante et démontre l’engagement personnel d’un théologien-praticien (94) : « un tel travail d’accompagnement d’une dynamique de développement humain et de l’entrepreneuriat agricole, dans un continent où la protection de l’environnement fait reculer le désert, est suffisamment exaltant pour garder ou augmenter notre joie de servir et d’être utile. »

            D’autres aspects sociaux ont été abordés et des recommandations faites aux travailleurs. Yedess (2013) propose un cadre d’action sociale pour le travailleur chrétien : La repentance en vue de créer « des actes orientés vers Dieu en signe de reconnaissance de sa pleine souveraineté sur tout, sur nous, sur tout ce que nous sommes et tout ce que nous avons » (54). Il encourage aussi le développement d’un système de redevabilité pour avoir « un miroir devant nous pour nous regarder nous-mêmes » (55) ainsi que la nécessité d’accepter les critiques (57), ceci dans le but d’améliorer la cohésion du tissu social.

            La nécessité de promouvoir la justice sociale a été développée d’une manière très claire par Gunn (2016, 36) :

Dans Lv 19.13, il est écrit : « Tu n'opprimeras point ton prochain, et tu ne raviras rien par violence. Tu ne retiendras point jusqu'au lendemain le salaire du mercenaire.» Dans ce sens, la loi deutéronomique exige que le travailleur soit payé le jour même de son service (Dt 24.14-15). Les prophètes ont sérieusement condamné la cruauté dans le monde du travail. Habacuc a prononcé un jugement contre « celui qui bâtit une ville avec le sang, qui fonde une ville avec l'iniquité! » (Hab 2.12). Amos a désapprouvé les agissements des riches qui vivent dans le luxe obtenu par l'exploitation des indigents (Am 6.3-6). Esaie, de son côté, a proféré : « Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison, et qui joignent champ à champ, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'espace, et qu'ils habitent seuls au milieu du pays! » (5. 8). Ce prophète a prodigué ces conseils : « Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, protégez l'opprimé » (1.17). Jérémie aussi a dénoncé la rapacité en ces termes: «Malheur à celui qui bâtit sa maison par l'injustice, et ses chambres par l'iniquité; qui fait travailler son prochain sans le payer, Sans lui donner son salaire. » (22.13)

Les Saintes Ecritures s’insurgent contre l’injustice qui fait du travail un poids écrasant. Elles réfutent l’oppression qui apporte l’accroissement des propriétés des riches au détriment des misérables.

Un autre aspect de la justice sociale a été évoqué par Luyeye (2013, 82) par un exemple personnel qui peut sembler insignifiant par rapport à ce qu’il peut représenter :

Nous étions victime des stigmatisations lors des inscriptions aux universités et de demande de stage … Cette stigmatisation sur la base d’appartenance raciale peut avoir des répercutions même dans le marché du travail jusqu’à entrainer le limogeage et le chômage involontaire. 

Sur ce point nous avons prié pour l’unité des peuples à travers le monde malgré la divergence des langues, d’opinions ou d’intérêt voire des cultures et de positions.

Assouman (2017, 71) ne relève que brièvement les injustices au travail liées à la discrimination : « les traitements discriminatoires créent des frustrations ainsi que la démotivation et la désaffection. » Les injustices sociales dues à des appartenances différences ethniques, mais aussi médicales (VIH/SIDA), dues au genre, familiales ou économiques sont souvent présentes dans le monde du travail – les rapports de l’Organisation Internationale du Travail faisant foi[11]. Pourtant peu de théologiens y font référence. L’Église saura-t-elle identifier et relever ces défis si prévalents ? Et lorsque ces défis sont identifiés, il appartient aussi à l’Église de se concerter pour définir des stratégies et plans d’action pour répondre à ces défis. Il ne s’agit pas seulement de se lamenter. Dieu nous appelle à  regarder dans la loi de la liberté, de persévérer et d’être un faiseur d’œuvre ( Jac. 1 : 25). Une bénédiction divine y est attachée : « Celui-là sera bienheureux dans son faire. » (Ibid.)

Perspectives globales 

            Elargir le champ de notre vision fait partie du privilège de l’Église. Elle est appelée, à l’instar du Maître à lever les yeux, élever son regard au-dessus de l’immédiat géographique, temporel ou social pour « voir ce que vous voyez » (Luc 10 :23 – voir aussi Luc 6 :20) et prendre des risques en entrant dans l’inconnu pour apporter le shalom divin (Luc 10). Bako (2016, 65ss) nous donne un aperçu plus global de l’impact des changements au niveau du travail à l’échelle mondiale :

Sur le plan économique, le monde est confronté à des changements majeurs: la mondialisation, la crise économico -financière dite des subprimes.

Les nations de l’Afrique subsaharienne surtout sont vulnérables aux dangers que provoquerait une insuffisante adaptation. Les préoccupations du continent face à ces défis doivent être traitées de façon intégrée et nous pensons qu’ils peuvent être abordés suivant plusieurs axes et portés de façon inclusive par tous les acteurs et les éducateurs.

En développant les composantes de l’impact du travailleur social en Afrique, Bako (Ibid.) identifie d’abord les domaines de crise globaux du continent africain – principalement les effets du changement climatique. Puis il rappelle (80) trois dimensions incontournables de la résilience africaine face à ces défis :

  • La valorisation des savoirs locaux en matière de prévention des catastrophes comme les observations de la nature pour tirer des prévisions sur le comportement de la saison pluvieuse prochaine.
  • Le développement de nouvelles formes de solidarités comme la redistribution des terres pour des productions riches comme le maraichage après les aménagements, la lutte anti-érosive (…) qui mobilise sur des bassins versants dépassant parfois l’échelle d’un village, la mutualisation des risques pour permettre à de petits entrepreneurs ayant des projets porteurs d’avoir accès au crédit à travers l’intermédiation financière, la promotion et le développement des groupes d’épargne endogènes surtout développé chez les femmes, etc. Pour valoriser tous les acteurs sans discrimination, une attention particulière devra être accordée aux jeunes et aux femmes, qui jusqu'à présent sont ceux qui ont profité le moins des progrès de l’humanité. De nombreux auteurs le décrivent bien et font des propositions qui visent plus de justice[12], et en réalité plus de bien pour toute la communauté humaine[13]
  • La nécessité d’articulation des savoirs locaux avec les savoirs scientifiques actuels sur les prévisions météorologiques et les technologies de travail du sol adaptées au changement climatique.

  Etant l’un des premiers responsables de l’Office des Églises du Burkina Faso, Bako considère que pour ce qui concerne le rôle social de l’Église, « répandre l’amour de Dieu est une activité vitale. » En se basant sur 2 Ro. 7: 1-9, il rappelle que l’Église doit se lever et agir malgré sa faiblesse apparente, et Dieu fera le reste. Ensuite, la création d’un espace propice à une vie humaine paisible lui incombe à l’image de Dieu lui-même qui est un Dieu qui travaille, comme le montre ses attributs (90) : « Il est Jehovah-Jireh (le Dieu qui pourvoit), Jehovah-Rapha (qui guérit), Jehovah-Nissi (L’Éternel la bannière), Jehovah-Shammah (Le Dieu qui est présent ici), Jehovah-Shalom (l'Éternel Dieu de paix), et aussi Jehovah-Roï (l'Éternel est mon Berger) Jehovah-Mekadiskem (l'Éternel qui sanctifie); Jehovah-Sabaoth (l'Éternel des armées); Jehovah-Tsidkenu (l'Éternel notre justice). » Enfin, Bako préconise le ciblage des zones d’action en se basant sur Marc 5 : 1-20 en utilisant les stratégies suivantes qu’il est, à notre avis, utile à rappeler (92-93) :

  • De la prière avant toute œuvre qui nous assure que nous sommes dans la volonté de Dieu. Ensuite nous savons que la prière du juste est d’une grande efficacité. Prier pour la localité où nous allons intervenir brise beaucoup d’oppositions avant même l’arrivée de l’équipe d’intervention, pendant l’intervention et même après le départ de l’équipe.
  • D’aller dans les endroits où les autres ne veulent pas aller, parce que ce sont des lieux hostiles, délaissés ou dangereux. Nous devons cibler prioritairement les endroits délaissés, les communautés abandonnées.
  • De cibler les gens véritablement dans le besoin, avec pour objectif de libérer les vulnérables, les gens dans le besoin avec pour objet de voir leur transformation, leur métamorphose.

Les gens ont été émerveillés par la libération du fou, mais ne sont pas prêts à accepter qu’on touche à leurs biens matériels et leurs richesses. C’est pourquoi Jésus a été chassé. Sommes-nous prêts à vivre de telles situations?

  • D’accomplir toujours pleinement sa mission. Jésus laissait toujours un héritage, une marque indélébile et un témoignage positif qui reste de façon positive et durable. Nos actions devront aussi répondre à de telles exigences.

Sur le plan continental, Vahard (2015) propose une réflexion sur le rôle de l’Église dans le domaine politique et en particulier pour ce qui concerne les élections. Se référant à l’année 2015 où 28 pays africains ont connu des élections sur le plan national, il encourage l’Église à ne pas se laisser décourager par la faiblesse qui semble la caractériser, mais à « s’engager pour le meilleur » pour ne pas être « complice du pire » :

La mission prophétique de l’Eglise lui impose d’intervenir avant les élections en faveur du strict respect des règles constitutionnelles, légales et sociales du jeu électoral. L’Eglise et avec elle, le leader chrétien doivent pouvoir dire et rester du côté de la vérité ; sans se compromettre par crainte de représailles ou peur de perdre quelques avantages matériels. Dire et assumer la vérité au nom de Jésus est, nous l’enseigne la Bible un bien plus précieux que les choses matérielles que l’on pourrait craindre de perdre. La vérité au sujet des élections inclut l’enseignement par les canaux traditionnels d’évangélisation et de prédication sur la non-violence dans ses formes tant physiques, verbales que psychologiques ; et le devoir citoyen de participer aux élections dans l’amour et la tolérance. Dans la période pré-électorale, le ministère de la réconciliation trouve sa pleine valeur ajoutée… Pendant les élections, la valeur ajoutée de l’Eglise s’appréciera par rapport à sa neutralité vis-à-vis des candidats et son message d’amour de tolérance, de justice et d’inclusion. Là encore, le discours sur l’unité et l’unicité de la race humaine faite à l’image de Dieu et l’exemple d’inclusion qu’incarne Jésus devrait inspirer plutôt que des prédications qui voilent à peine les déviations ethnicistes, religieuses ou identitaires. Après les élections, l’Eglise doit donner l’exemple de la primauté du corps sur ses démembrements, de la préséance de l’intérêt du groupe, de la paix, de la cohésion sociale, de la justice et du développement sur les égoïsmes et aspirations individuelles. C’est à l’Eglise et au leader religieux que revient le devoir de dire qu’il n’est pas bon de violer la volonté populaire et le pacte social  en falsifiant le verdict des urnes  et de mettre en garde contre les conséquences d’une telle pratique sur la société dans son ensemble.  (61)

            Nous avons identifié quelques facettes d’une théologie africaine du travail mises en lumière par des théologiens africains. Ce survol transcontinental africain des réflexions de théologiens contemporains reflète leur prise de conscience et leur engagement à mieux épouser la vision divine du travail et de son impact aux niveaux individuels, sociétaux et globaux. Il nous reste maintenant, dans une dernière partie, à constater quelques zones d’ombre où les théologiens semblent plus silencieux.

Quelques pistes de réflexion et d’action

             La prise de conscience du besoin de réévaluer la perception des chrétiens ainsi que l’impact de l’Église (protestante ou évangélique) sur le monde du travail est assez récente sur notre continent, bien que nos frères et sœurs catholiques ont quelques (grands) pas d’avance sur nous. L’une des constatations que nous pouvons faire d’emblée est que la formation ‘académique’ de nos théologiens n’inclut généralement généralement pas de cours sur la théologie du travail. Yanguéma (2014, 42) en témoigne en ces termes avant de proposer un curriculum pour son institution :

La plupart des professionnels considèrent le travail comme une punition résultant de la désobéissance d’Adam et Eve en Eden. Les tenants de ce point de vue se réfèrent au livre de la Genèse 3.17, 18 « …c’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie…c’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain… ». Aussi  considèrent-ils le travail comme une nécessité économique, un besoin de survie. Ils travaillent donc par motivation extrinsèque. La quasi-totalité des candidats qui s’inscrivent à l’Institut de Théologie de Bangui ont la même approche du travail.

Un effort concerté des institutions de formation théologique africaines se doit d’être mis en place pour que les ressources déjà développées et qui doivent encore être développées puissent être mises à la disposition de ces institutions. Certains de nos théologiens doctorant ont eu à cœur de proposer des curricula complets sur ce sujet. Le lecteur de cet article, le frère Luyeye, en fait partie et peut vous en témoigner. Pourrions-nous développer un cadre théologique de réflexion et d’action pour que ceux qui travaillent dans ce domaine puissent s’encourager et s’édifier les uns les autres et que les résultats des recherches effectuées puissent être aisément disséminées et mise à disposition de toutes les institutions sur le continent ?

            L’absence d’enseignement systématique sur le travail dans les institutions de formation biblique et théologique a pour conséquence directe l’absence d’enseignement ou de réflexion dans les églises, groupes de maison, rencontres chrétiennes sur la thématique du travail. Et très (pour ne pas dire ‘trop’) souvent, les responsables de ces structures ne prennent pas le temps d’aller rencontrer leurs collègues dans leur cadre de travail, pour mieux comprendre les défis auxquels ils sont confrontés. Il s’en suit aussi que deux aspects du vécu du travail doivent être mis en exergue : l’éthique du travail et l’identité du travailleur.

            Pohor (2010) montre lors d’une introduction à l’éthique du travail les dilemmes apparemment insolubles auxquels les travailleurs sont confrontés lorsque la justice et l’équité sont remplacés par des manipulations au désavantage du travailleur. Il montre aussi combien souvent l’abus d’autorité est fréquent dans le ministère pastoral. Les exemples sont nombreux comme le sable de la mer. Quels cadres l’Église africaine est-elle appelée à créer ou re-créer pour donner des phares ou des repères clairs, concrets et bibliques aux travailleurs ? Dans quelle mesure certaines structures ecclésiales pourraient-elles se sentir appelées à se remettre en question pour mieux équiper le corps de Christ afin que le nom de Dieu soit sanctifié dans tous les millions de missionnaires chrétiens en action dans le monde professionnel ? Des cadres de réflexion, de remise en question éthique, de discussion et d’évaluation par rapport aux critères bibliques d’un travail éthique seraient à mettre en place. Pour ce faire, des ressources sont nécessaires – et malheureusement peu disponibles en langue française.

            D’autre part, un aspect intéressant qui semble très peu mis en question est la dichotomie de l’identité du travailleur chrétien qui est chrétien le dimanche à l’église et travailleur le reste du temps. C’est un héritage très malheureux des cultures gréco-romaines transmis par les colons et les missionnaires pendant des générations. Cette façon de penser a imprégné une grande partie pour ne pas dire la plupart de la réflexion théologique de l’Église. Comme Athanga (2013, 40ss) le préconisait, si toute l’identité du travailleur chrétien résidait dans la réalisation que le travailleur chrétien est à la fois et tout le temps travailleur-chrétien de façon indissoluble, l’impact de nos communautés chrétiennes sur la vie de nos églises aurait pu et pourrait être démultiplié de façon exponentielle. Plus besoin de sociétés missionnaires – Dieu est mission, l’Eglise est mission et l’enfant de Dieu est missionnaire.[14] L’Église a à sa disposition des milliers pour ne pas dire des milliards de missionnaires. Comment les encadre-t-elle ?

Conclusion

Cet article a cherché à mettre en exergue des voies peu ou non encore entendues de nos théologiens africains. La sacralité du travail innée à la culture africaine a été mise en exergue et proposée comme tremplin pour encourager l’Église à proposer à ses membres de retrouver une nouvelle dimension sacrée et chrétienne dans le travail. A mon humble avis, voilà la clé pour que les 631 millions[15] de missionnaires chrétiens africains promeuvent la gloire de Dieu et Sa sainteté dans leur travail.

Enfin, Soungalo (2010) souligne l’indispensable ingrédient d’un travail fait pour la gloire de Dieu : La joie au travail. Si le travail a été dénaturé par la chute, sa rédemption est acquise par la mort et la résurrection de Christ. Soungalo pouvait ajouter (5) : « La joie vient d’un travail réalisé ensemble, avec le projet d’apporter quelque chose à quelqu’un. » Le développement de la créativité dans ses diverses formes et buts multiples ne reflèterait-il pas aussi la joie du Créateur de communier avec ses enfants au quotidien de leurs travaux?

Pour terminer, rappelons-nous cette promesse de Celui qui ne s’arrêtera jamais de travailler, même dans la Gloire. Alors que nous aurons laissé cette terre et serons entrés dans Sa présence, notre travail d’adoration ne cessera jamais et Son travail de service non plus : « Il se ceindra, les fera mettre à table, et s'approchera pour les servir. » (Luc 12 :37).

ANNEXE 1

 

Liste des travaux de recherche non-publiés et mentionnés dans cet article.

NOMANNEETITREPROFESSIONPAYS
ASSOUMAN, Kouadio Amos2017Le travail en équipePréfet, Administrateur civilCôte d’Ivoire
ATHANGA, Jean de Dieu2013Mission de Dieu au sein d’une institution de microfinancesCadre bancaireRDC
Bako, Alain2016L’environnement, support de la vie et de l’économie agricole africaine Cadre d’une ONG chrétienneBurkina Faso
BARKA, Kamnadj2018Le travail : Obéissance au mandat culturel et arme contre la précaritéPasteurTchad
BILONGO, Albert2014La théologie du travailPasteur, enseignantCongo-Brazzabille
DAO, Jean2014L’éthique protestante du travail comme alternative à l’évangile de la prospéritéPasteurBurkina Faso
DEDJI, Codjo Daniel2018Ma théologie du travail et son enseignementDirecteur d’une missionBénin
GBENAMETO, Sèyivi Justin2014L’attitude du chrétien face au travailMagistrat, pasteurBénin
GNALI, G. John-Malick2016Ma théologie personnelle du travailProfesseur d’université, sciences socialesCôte d’Ivoire
GUNN, Kwesi2016La motivation au travailPasteurSénégal
KAMBIRE, Souleymane2016Le chrétien au travailPasteurCôte d’Ivoire
LUYEYE MUKOKO, Guy2013Le leadership et la discrimination au travailThéologien, enseignantRDC
MABASI, Tietie Augusto2014Théologie du travailPasteur, enseignantAngola
N’DRI, Yao Roger2013Le travail dans la vision du monde africainProfesseur d’université, théologie pratiqueCôte d’Ivoire
POHOR, Rubin2010Ethique du travailProfesseur d’universitéCôte d’Ivoire
SITA, Luemba Dieudonné2013La théologie du travailPasteur, Doyen d’universitéRDC
Soungalo, Soro2010La joie au travailPasteur, enseignantCôte d’ivoire
TESSOLO, Albert2015Le travail dans la perspective de la Mission de Dieu en Afrique : quelles exigences spirituelles, anthropologiques et éthiques ?ConsultantSénégal
VAHARD, Patrice20152015 en Afrique: une année des élections politiques à grands enjeuxCadre ONG internationaleBurundi/Côte d’Ivoire
Welch, Timothée2014Théologie du travailDirecteur d’une missionCôte d’Ivoire / USA
YANGUEMA, Zacharie2014Intégration de la théologie du travail dans le programme de formation à l’Institut de Théologie Evangélique de BanguiPasteurRépublique Centrafricaine
YEDESS, Adou De Eustache2013L’appel de Luc 16 : 1-13 à la génération prodiguePasteur, enseignantCôte d’Ivoire

[1] Sous-développement du continent noir : En réalité les Africains sont des paresseux ! https://lefaso.net/spip.php?article43902

[2] Voir en Annexe 1 la liste des textes non-publiés référencés.

[3] Dissertation non publiée sur le thème de la théologie du travail.

[4] Nous notons que même le classique historique écrit par l’historien africain, Joseph Ki Zerbo Histoire de l’Afrique noire d’hier à demain, bien qu’il fasse un balayage complet de l’histoire de l’Afrique noire de la préhistoire à nos jours, accorde peu de place au travail, à la production et à l’économie. Il est beaucoup plus porté sur la politique des peuples, sur leur évolution sociale. Nous notons aussi existence du livre de Frederick COOPER (1976) Decolonization and African Society: The Labor Question in French and British Africa. Cambridge : Cambridge University Press.

[5] Philippe Hugon (1967). Les blocages socio-culturels du développement en Afrique noire. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/tiers_0040-7356_1967_num_8_31_2377

[6] L. Sidibe, A. Henry (2000). La culture africaine dans l’entreprise.

[7] Philippe Hugon (1967).

[8] Nasimiyu, W, A, and Waruta, D, W, (1993), Mission in Africa Christianity : Critical Essays in Missiology, Nairobi: Uzima Press, p. 119

[9] Pognon, L. (2008). Valeurs du travail et absentéisme en Afrique.  Paris : L’Harmattan.

[10] Par exemple : Dao, 2014, 41), Gbenameto, (2014, 42) ; Mabasi 2014, 43) ; Welch, (2014)

[11] Voir par exemple http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---ed_norm/---declaration/documents/publication/wcms_decl_fs_101_fr.pdf

[12] Ami, A. F.(2010). Femmes, travail et pratiques éducatives au Togo. Montréal : Université du Québec

[13] Rouamba, P. I. Z. L. (2011). La participation des femmes à la vie politique au Burkina (1957-2009). Montréal: Université de Québec

[14] Voir Glenn Smith (2009). La mission de Dieu et la vocation évolutive de l’Église. In L’Évangile et le monde urbanisé, 5e édition. Montréal : Direction Chrétienne, 2009. 

[15] Voir https://aleteia.org/2018/07/24/africa-overtakes-latin-america-for-the-highest-christian-population/

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